Le Haut mur


Pontaniou. Un lieu chargé d’histoire(s).
Ce quartier abritait autrefois le bâtiment de la Madeleine, géré par des religieuses. Une maison de correction destinée à incarcérer les « filles de mauvaise vie ».

La prison dont les murs s’élèvent encore aujourd’hui, bien que désaffectée depuis 1990, a été construite entre 1805 et 1810. Conçue par l’ingénieur Jean-Nicolas Trouille pour être une « prison modèle », elle ne deviendra officiellement une prison civile, pour tous les détenus de droit commun, qu’à partir de 1952, suite à la destruction durant la guerre de la prison du Bouguen.

Elle est utilisée par les allemands, durant la seconde guerre mondiale, pour y enfermer les détenus politiques et les résistants. En 1944, les 18 membres du réseau de résistants Saint-Politains « Centurie OCM » sont emprisonnés et torturés à Pontaniou avant d’être fusillés.

Cette prison « modèle » deviendra rapidement, après la guerre, de plus en plus insalubre au fil des ans. Les conditions de détention y étaient épouvantables.

Ses portes se ferment définitivement en 1990, après la construction de la maison d’arrêt de l’Ermitage.

En longeant aujourd’hui ce haut mur toujours dressé, dans un quartier pourtant en pleine rénovation, il est bien difficile de ne pas songer à toutes les histoires de vie qui se sont déroulées derrière.

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Janfi Demolder

Auteur, dessinateur

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